PRESENTATii0N

                                 PRESENTATii0N


1 - PRENOM :
Yassine

2 - PSEUDOS :
Taek

4 - PAYS D'ORIGINE:
Morocco

5 - TAILLE :
2m68

6 - AGE :
9*ans

9 - EMPLOI ACTUEL :
Voleur de betail

10- CELIBATAIRE OU DEJA PRIS :
Si té belle shui pa pris si té mOsh ba je sui pris est astalavista lol nn celib

11 - TON SIGNE ASTROLOGIQUE :
capricorne

12 - J'AIME :
mA mAmAn

13 - SI TU POUVAIS RENCONTRER UNE PERSONNE DE TON CHOIX MORTE OU VIVANTE :
Oh tG

14 - OCCUPATION PREFEREE A LA FIN DE LA SEMAINE :
Recuperer les heures de someille perdu en allant en cour!!!

15 - TA VILLE PREFEREE POUR T'ECLATER :
MiAmI bEaCh Ma GeUlE vLa LeS mEuF kI yA lA bA

16 - ACTIVITE FAVORITE QUAND TU N'ES QU'ENTRE GARS :
kan j sui,avc reda eh bhain c tayer les gens lol mai avc mustaf c surtt prend ma part a pes lol tmtc

17 -TA MARQUE DE VETEMENT PREFERE :
Adidas, airness, nike, kaporal .....

18 - TON STYLE DE MUSIQUE PREFEREE :
rap-rn'b

19 - TA CHAINE PREFEREE :
tF1 mé defOi c'est m6

20 - TA CHANSON PREFEREE :
le pouvoir de rohff

21 - CHANTEURS OU CHANTEUSES PREFERE(E)S :
Rohff, tonton skol, 2pac biensurrrrr

22 - TA PUB PREFEREE :
Nn et tOa

23 - TON MAGAZINE PREFERE :
j'aime po

24 - TON LIVRE PREFERE :
Oui Oui

25 - TON JEU DE SOCIETE FAVORI :
monopoly!!Mdr LeS gEn Ce ReCoNaItRoN

25 - PLACE PREFEREE OU PASSER DES VACANCES :
saint-tropez eh reda oublie po notre accord lol

26 - TON MENU PREFERE :
CaFaRd Au AbRiCot DeLiCiEu

27 - TA SAVEUR DE GLACE PREFEREE:
vanille

28 - TA BOISSON ALCOOLISEE PREFEREE :
Jus d'Orange hihihi

29 - COULEURS PREFEREES :
RoUgE le maroc ma Geul

30 - QUEL EST TON CHIFFRE FAVORI :
07-93-11

31 - QUELLE EST TA CITATION FAVORITE :
je t'aime lol

32 - ES-TU DEJA TOMBE AMOUREUX :
oé oé et c trop dure de s'en remetre

33 - AS-TU UN SERIEUX PENCHANT POUR QUELQU'UN :
Oé C tOi

34 - QUELLE PERSONNE SYMBOLISE TON IDEAL :
uN sDf

35 - QU'EST CE QUE TU AIMES LE PLUS CHEZ TON IDEAL :
jé pas cOmpri la kestiOn

36 - A TON AVIS, QUI PEUT SECRETEMENT T'AIMER :
tOi

40 - LA PERSONNE LA PLUS DINGUE QUE VOUS CONNAISSEZ :
mOaa

41 - TES DEUX COPAIN/COPINE QUI FORMERAIENT LE MEILLEUR COUPLE :
Tony et elvira ( la personne se reconnaitra)

42 - LE SENTIMENT LE PLUS NUL QUI EXISTE : .
....................

48 - SI TU POUVAIS VIVRE A UNE AUTRE EPOQUE :
A l'EpOqUe De CrOmAnIoN

50 - A QUOI PENSES-TU AVANT DE T'ENDORMIR :
dAnS qUeL pOsItIoN dOrMiR

52 - TA CHAMBRE PREND FEU, QUE SAUVES-TU AVANT TOUT :
Heuuu les habilles ,la télé ,le Pc , le fOne, l'armOir, le lit , le bureau en faite jé le temp de mOurir 10 fOis

53 - LE VERRE EST-IL A MOITIE PLEIN OU A MOITIE VIDE :
Vazi il lé fOu lUi ski me di

54 - POURQUOI L'ARMOIRE EST TRISTE :
Att jlui demandee ..... vazi sbatar il me repOn pa

55 - A TON AVIS, QUE PENSENT LES AUTRES DE TOI LORSQU'ILS TE VOIENT POUR LA PREMIERE FOIS :
wOuA c Ki Ce BoGoSs MdR

57 - EST CE QUE TU RACONTES DU MAL DES AUTRES DERRIERE LEUR DOS :
Ba OuI tOu Le TeM c MoN pAsSe TeM pRéFéRé lol

60 - CE QUI T'EFFRAIE LE PLUS :
aaa les cafard ( la personne se reconnaitra lol)

61 - EN QUOI TE DEGUISERAIS-TU POUR UNE SOIREE DEGUISEE :
En mOa

63 - LE MOT OU L'EXPRESSION QUE TU DIS LE PLUS SOUVENT :
yen na telement ke je ne c pluss !!!!

67 - COMMENT APPELLERAS-TU TES ENFANTS :
tt sauf henry mustaf dira encor j le suce lol

72 - QUELLE EST LA PREMIERE CHOSE A LAQUELLE TU PENSES EN TE LEVANT LE MATIN : PuTaIn L'EcOlE

75 - DORS-TU AVEC UN ANIMAL EN PELUCHE :
Ba Oui pUis kOi encOre avec une tetine aussi

78 - QU'IL Y A-T-IL SUR LES MURS DE TA CHAMBRE :
Ba uN pApIeR pAiNt Ya BhIm

79 - QU'EST-CE QU'IL Y A DESSOUS TON LIT :
Ya Le SoL SaLe CoN

80 - AS-TU DEJA PRIS UN BAIN DE MINUIT :
C tA dArOnE kI pAyE l'eAu SaLe BaTaRd

82 - LA RESOLUTION ESSENTIELLE QUE TU AS PRISE EN DEBUT D'ANNEE :
mIeU tRaVaIlLé A l'EcOlE mé Ji ArRiVe Pa Et De + fAiRe Le ClOwN aUsSi é JaRiVe TjR pA

83 - LE DERNIER CADEAU QUE L'ON T'AIT OFFERT :
lE nOuVeAu DiCtIoNnAiRe Il Lé TrO bIeN sA mErE Ya ToUtE lEs DeFiNiTiOnS en + c'est un larOusse

84 - A QUI RESSEMBLES-TU LE PLUS :
A mOi C Un TrUc De OuF cOmMeNt JmE rEsSeNbLe KeN jMe ReGaRdE dAnS lE mIrOiR jme di wOuaaaaa en diré c mOaaa

85 - LA PREMIERE CHOSE QUE TU FAIS EN RENTRANT DES COURS :
Un BiZoU A mA mAmAn

86- TES COPAINS :
Jé Pa De CoPaIn :( tU vE pA EtRe MoN cOuPAiN ?)

# Posté le dimanche 14 octobre 2007 14:07

Modifié le mardi 22 juillet 2008 08:21

Bouna et Zied DEUX JEUNES MORTS POUR RIEN

Bouna et  Zied DEUX JEUNES MORTS POUR RIEN




Ptite pensée pour eux repozer en paix les freres on vous oublira jamais

Leur histoir :

Dans leur souvenir, c'était à peu près l'heure de "Malcolm" sur M6, au plus tard celle de "Nous ne sommes pas des anges", sur Canal+. Bref, il était autour de midi. Ce jeudi 27 octobre, dans l'appartement des Traoré, Bouna sort de la douche. Le garçon de 15 ans s'est levé tard, comme ses frères et soeurs, comme tous les enfants de la cité qui borde le centre commercial du Chêne-Pointu, à Clichy-sous-Bois, au bout du bout du "9-3".

Clichy s'éveille. C'est l'époque des vacances scolaires, celles de la Toussaint — ici on dit plutôt "les vacances d'automne". La journée est longue jusqu'à la "coupure" du jeûne du ramadan, le soir en famille. Alors les "petits", comme Bouna, les "moyens" et les "grands" — ceux qui, jusqu'à 22 ou 23 ans, vivent toujours chez les parents — font durer la grasse matinée. Ils jouent à la PlayStation, regardent Trace TV, Equipe TV ou des DivX — des films piratés. "Pour faire perdre le temps", comme ils disent.

Bouna Traoré, yeux doux comme ses frères, est un beau gosse fin, agile et coquet. Ce jour-là, comme chaque matin, il s'enduit le visage de Topicrème, un produit pour peaux sèches, donne un coup de fer sur son jogging. Comme son grand frère Siyakha, il porte un petit diamant à l'oreille. Et il n'est pas peu fier de son "contour" — le must, la coiffure "renoi" branchée. On se fait raser à mi-tête par le coiffeur de Sevran — "c'est là-bas qu'ils coupent bien" — ou chez cet homme de la cité qui manie bien les ciseaux et coupe à l'amitié, au domicile et à la débrouille.

Sans bruit, Bouna nettoie et chausse ses Nike Shox bleu et blanc. Sans bruit, parce que son père, éboueur à la Ville de Paris, est rentré du travail à 6 heures du matin, après une heure de RER plus un bus, le 601. Pour les enfants, la seule contrainte de la journée, c'est de rejoindre la maison à 18 heures pétantes, pour "couper" le ramadan. A tour de rôle, on se dévoue pour aller faire des "petites courses" au Franprix du Chêne-Pointu — 3 euros en moyenne au panier de la ménagère — ou au Lidl de Montfermeil, plus loin, mais moins cher. Ce jour-là, c'est Siyakha Traoré, le grand de 24 ans, qui fait les courses. A chaque pas, il croise des amis. Un "tcheck", le poing de l'un contre celui de l'autre. "Tranquille ?" — "Tranquille."

Après sa douche, Bouna quitte la "pama", sa cité, pour remonter quelques mètres plus haut vers le Chêne-Pointu. Ici, l'histoire locale, même celle des années 1960, est oubliée. Ni les petits ni les grands ne savent expliquer que "pama" veut dire "parc de la mairie". Seul, sans doute, M. le maire sait que le Chêne-Pointu fut, en son temps, un petit "Lourdes" où l'on se rendait en pèlerinage. En 1212, trois riches marchands angevins, attaqués et liés à un chêne alors qu'ils se rendaient à la capitale par la forêt de Bondy, furent délivrés par des anges. Trois hommes sauvés des brigands. Un vrai miracle.

A Clichy-sous-Bois, le temps ne s'écoule pas comme partout. Les vacances ne vident jamais le Chêne-Pointu ; au contraire, elles le remplissent. Pour un Calvin, 14 ans, parti ce mois d'octobre en vacances "à Sartrouville, dans le 7-8", combien d'autres ne quittent jamais la Seine-Saint-Denis ? Ce 27 octobre, le petit frère de Bouna, lui aussi, est absent. Il est si habile au ballon rond qu'il a été envoyé en "détection" au Havre. Comme dit un copain de classe : "La moitié de Clichy, elle est forte au foot, parce qu'il y a rien d'autre à y faire."

Il fait beau. Tout le monde traîne dehors, c'est-à-dire tous les garçons. Allers-retours entre le centre commercial, ses vitrines d'aquarium opaques, ses néons jaunasses, sa boucherie halal, son marchand de journaux-PMU et, heureusement, l'Internet de la boutique Box — "l'antigalère", disent les petits.

Retour au pied des tours, à Rabelais, "là où tout le monde se positionne", 20 mètres plus loin. "Si on ne trouve pas les potes dehors, on les appelle chez eux" avec le portable, outil indispensable dès qu'on a "à gérer" une "chneck", une "femeu", une copine. C'est quand commencent les problèmes de filles et de recharges SFR que, dans la cité, on devient un "moyen".

Rabelais, c'est là qu'habite Zyed Benna, 17 ans, petit dernier d'une famille tunisienne de six enfants. Le père lui aussi est éboueur de la Ville de Paris. Il est sévère. Il n'a pas apprécié que le nom de son fils traîne dans une histoire de vélo volé. Zyed n'est arrivé en France qu'en 2001, il peine dans sa classe de troisième, mais c'est un "mec tracé", expliquent ses copains, "trop stock", trop fort. Pour preuve, son surnom : "lance-pierre". De mémoire d'habitant du Chêne-Pointu, il était le seul capable de lancer un marron jusqu'au 16e étage de la tour. Ses copains ont immortalisé l'exploit avec une caméra.

Ce 27 octobre, c'est l'heure des "Feux de l'amour". Il est largement temps de sortir. Au Chêne-Pointu, on n'aime pas rester dans les T3. Le samedi ou le dimanche, les grands sont toujours là pour emmener les petits en voiture au Flunch ou au cinéma de Rosny II, leur apprendre à conduire les quads. "Pour faire passer l'heure", en ce jour de semaine, Bouna, bon footeux "très technique", propose un tournoi au stade de Livry-Gargan, ville limitrophe, mais bien plus riche que Clichy et son stade "plein de pierres et tout pourri". Il y a là Sofiane, le pote au scooter, Aristide, David, Martin, Bruno, Yahya, tous âgés de 14 ou 15 ans, copains de cité ou de ballon. Suit aussi Muhittin Altun, le Kurde, 17 ans, le seul qui ne parle pas bien le français, quoique mieux que son père, ouvrier en bâtiment. Ils aiment le zouk, le rap français et américain comme 50 Cents, Sniper, Psy 4 de la rime, "et même parfois des variétés françaises. Bouna chantait 'Allumer le feu' de Johnny Hallyday", disent-ils.

Peu après 17 heures, les gamins quittent le stade. Petit crochet par un chantier où la région Ile-de-France construit des logements sociaux ? De sa fenêtre, l'employé d'un funérarium tout proche a en tout cas l'impression qu'un des gamins fait le guet. Voudraient-ils chiper quelque chose dans le cabanon de chantier ? La police est prévenue. Dix minutes plus tard, une première voiture de la brigade anticriminalité (BAC) s'arrête à proximité. Les gamins s'enfuient comme une volée de moineaux. "Cours ! Cours !", crie l'un d'eux en apercevant derrière lui un policier en civil, flash-ball à la main. "On doit pas courir, on n'a rien fait", tente David. En vain.

Courir, chez eux, c'est déjà un réflexe. "Quand il y a quelqu'un qui court, on est obligé de courir. L'autre jour, quelqu'un est arrivé en courant dans la cité, eh bien, tout le monde est parti dans tous les sens", raconte Joe, 16 ans. "Comment la police elle nous traite, les petits, ça les effraie", argumente Mehmet Dogan, le "cousin" de Muhittin. "Ils voient que les keufs ils nous tutoient, qu'ils nous vannent, qu'ils y vont au culot, à l'audace, qu'ils nous traitent d'espèces de kekes." En ch½ur, les petits assurent qu'on ne les aime pas. "Les policiers viennent du Raincy ou de Livry, là où il y a des Français. Quand ils viennent ici, ils nous disent : 'Mets-toi contre la voiture, bouffon', et après ils disent que c'est nous les malpolis. Même si on n'a rien, rien fait, ils nous traitent de petits pédés."

Dans leur tête, tout en courant, les petits font leurs comptes. Ils ne prennent leurs papiers d'identité que pour les grandes occasions : la Foire du trône, les courses à Chelles ou à Clignancourt, quand les grands frères les emmènent acheter "des hauts et des jeans fashion".

"Nos parents, ils ont eu tellement de mal à les avoir, ces papiers, qu'ils en prennent soin", explique Siyakha Traore. "Les petits, ça perd tout." Ils sont donc bien cachés dans l'attaché-case du papa, dans la chambre ou dans le sac de la maman. Seules traînent dans la cuisine les cartes "Famille nombreuse" ou celles du collège.

Se faire attraper un jour de ramadan n'est pas une bonne idée. Qu'ils passent entre une et quatre heures au poste, ils seront de toute façon en retard pour l'iftar. "J'avais faim. En plus on avait joué au foot et on était assoiffés. Je ne voulais pas perdre de temps", dit Yahya. Pendant le ramadan, enfin, on ne doit pas commettre de bêtises. "Même si on est innocents, les parents ils nous disent : 'Pourquoi ils t'ont attrapé si t'as rien fait ?'", explique un ami de Bouna. En courant, Zyed lâche tout haut : "Si les 'civils' m'attrapent, mon père il m'envoie au bled, en Tunisie." Un cauchemar. Ils s'amusent bien dans la cité. "Bouna, tellement il jouait, il prêtait même pas attention aux repas. Sa mère lui disait : 'T'as mangé ? Bouna, t'as mangé ?'", raconte son frère.

La petite bande remonte le "parc des amoureux", traverse sans regarder la rue qui sépare Livry-Gargan de Clichy, et entre par une porte ouverte, tatouée d'affiches "non" au référendum, dans un terrain municipal en friche où les Gitans du coin viennent pique-niquer aux beaux jours.

C'est là, semble-t-il, que les policiers arrêtent Harouna et Sofiane, qui courent le moins vite. Zyed, premier au cross à l'école, Bouna et Muhittin gagnent, au bas du terrain vague, un mur de béton orné de tags et couronné de fils barbelés, qu'ils longent jusqu'au cimetière.

Une seconde équipe de policiers, prévenue par talkie-walkie, a pris place derrière les tombes. La nuit est là. On entend aboyer les chiens des pavillons de Livry-Gargan. Sauts, courte échelle, voilà les trois amis, "le Noir, l'Arabe et le Turc", soupirent leurs copains, derrière les 3 mètres de l'enceinte de la centrale EDF. Ils ne regardent pas les têtes de mort sur l'avertissement placardé : "L'électricité, c'est plus fort que toi." Plutôt que de monter sur une des échelles et de s'allonger sur le toit d'un des bâtiments, ils choisissent d'escalader les 4 mètres du transformateur, à l'abri des regards. C'est très haut. Mais, comme dit Joe, "avec la peur on peut tout faire". Ils y restent une bonne demi-heure.

A 18 h 12, Bouna et Zyed ont sans doute un geste maladroit. Un arc électrique se forme entre eux. Tous trois sont soulevés de terre par une décharge de 20 000 volts. Au Chêne-Pointu, la télé de Moussa, 15 ans, s'arrête net sur sa série. "On comprenait pas." Au commissariat de Livry-Gargan, le brigadier Sébastien M., qui s'applique à expliquer dans son rapport qu'aucune dégradation n'a été commise sur le chantier, avant de rendre les autres mineurs arrêtés à leurs parents, est tout à coup plongé dans l'obscurité. "J'ai constaté qu'aucun fusible n'était désenclenché. La coupure ne venait pas du commissariat, a-t-il confié sur procès-verbal. Le courant est revenu cinq minutes après, j'ai pu faire mon rapport."

Comment Muhittin, brûlé par quelque 2 000 degrés, la peau collée à ses vêtements, mais vivant, trouve-t-il alors la force de revenir au Chêne-Pointu et de retrouver le grand frère de Bouna ? "C'est un guerrier", répondent en hommage ses copains. Le jeune Kurde, juste capable d'articuler les deux prénoms de ses amis, entraîne une dizaine de garçons sur le terrain vague. Et de répéter : "On s'est fait courser, on s'est fait courser."

Sans geindre, il montre de son index la direction à suivre, mais, arrivé devant la centrale, il détourne les yeux à l'opposé, cache son visage en pleurs sous son autre bras. "Je me disais : mais c'est quel endroit ici ? Jamais, même pendant mon enfance, je n'étais venu là, raconte Siyakha. Plus on avançait, plus on sentait une chaleur de malade, plus Muhittin il était triste." "Bouna ! Zyed !", crie la bande.

Mais personne ne répond. Les minutes deviennent des heures, la rumeur se répand. "On a attendu, tellement attendu. Plus qu'à l'ANPE. On a même dû battre les records du consulat", raconte son frère. La mère de Bouna "fait tomber des larmes", son père se frappe la tête contre le mur de la centrale. Ils sont morts, c'est certain.

Les baskets de Zyed, "des Converse toutes neuves, noir et gris", ont été carbonisées. Comme les Nike Shox de Bouna. Mais ses Adidas sont restées quelques jours dans l'entrée du T3, avant de s'en aller avec lui pour l'enterrement au bled, en Mauritanie. Avant le voyage, Siyakha Traoré a demandé à voir le corps à l'Institut médico-légal. L'histoire qu'il raconte ressemble à une scène du réalisateur Jean-Claude Brisseau. Une belle dame très douce l'a prévenu que, quand il ouvrirait la porte, son petit frère serait là, à gauche, en entrant. Il l'a aperçu tout de suite, Bouna, "une tache noire — sa figure — dans tous ces draps blancs".

Les brûlures avaient gonflé son pauvre visage, bleu, rose, noir. Mais sa coiffure, ce dégradé qu'il s'était fait dessiner une semaine plus tôt, pour être beau pour l'Aïd, était intacte. Siyakha Traoré n'a vu que ça, la "chevelure" de l'ange, son seul réconfort. "Son contour, son dégradé, c'est les seuls endroits qui n'ont pas été touchés."t le ramadan, enfin, on ne doit pas commettre de bêtises. "Même si on est innocents, les parents ils nous disent : 'Pourquoi ils t'ont attrapé si t'as rien fait ?'", explique un ami de Bouna. En courant, Zyed lâche tout haut : "Si les 'civils' m'attrapent, mon père il m'envoie au bled, en Tunisie." Un cauchemar. Ils s'amusent bien dans la cité. "Bouna, tellement il jouait, il prêtait même pas attention aux repas. Sa mère lui disait : 'T'as mangé ? Bouna, t'as mangé ?'", raconte son frère.

La petite bande remonte le "parc des amoureux", traverse sans regarder la rue qui sépare Livry-Gargan de Clichy, et entre par une porte ouverte, tatouée d'affiches "non" au référendum, dans un terrain municipal en friche où les Gitans du coin viennent pique-niquer aux beaux jours.

C'est là, semble-t-il, que les policiers arrêtent Harouna et Sofiane, qui courent le moins vite. Zyed, premier au cross à l'école, Bouna et Muhittin gagnent, au bas du terrain vague, un mur de béton orné de tags et couronné de fils barbelés, qu'ils longent jusqu'au cimetière.

Une seconde équipe de policiers, prévenue par talkie-walkie, a pris place derrière les tombes. La nuit est là. On entend aboyer les chiens des pavillons de Livry-Gargan. Sauts, courte échelle, voilà les trois amis, "le Noir, l'Arabe et le Turc", soupirent leurs copains, derrière les 3 mètres de l'enceinte de la centrale EDF. Ils ne regardent pas les têtes de mort sur l'avertissement placardé : "L'électricité, c'est plus fort que toi." Plutôt que de monter sur une des échelles et de s'allonger sur le toit d'un des bâtiments, ils choisissent d'escalader les 4 mètres du transformateur, à l'abri des regards. C'est très haut. Mais, comme dit Joe, "avec la peur on peut tout faire". Ils y restent une bonne demi-heure.

A 18 h 12, Bouna et Zyed ont sans doute un geste maladroit. Un arc électrique se forme entre eux. Tous trois sont soulevés de terre par une décharge de 20 000 volts. Au Chêne-Pointu, la télé de Moussa, 15 ans, s'arrête net sur sa série. "On comprenait pas." Au commissariat de Livry-Gargan, le brigadier Sébastien M., qui s'applique à expliquer dans son rapport qu'aucune dégradation n'a été commise sur le chantier, avant de rendre les autres mineurs arrêtés à leurs parents, est tout à coup plongé dans l'obscurité. "J'ai constaté qu'aucun fusible n'était désenclenché. La coupure ne venait pas du commissariat, a-t-il confié sur procès-verbal. Le courant est revenu cinq minutes après, j'ai pu faire mon rapport."

Comment Muhittin, brûlé par quelque 2 000 degrés, la peau collée à ses vêtements, mais vivant, trouve-t-il alors la force de revenir au Chêne-Pointu et de retrouver le grand frère de Bouna ? "C'est un guerrier", répondent en hommage ses copains. Le jeune Kurde, juste capable d'articuler les deux prénoms de ses amis, entraîne une dizaine de garçons sur le terrain vague. Et de répéter : "On s'est fait courser, on s'est fait courser."

Sans geindre, il montre de son index la direction à suivre, mais, arrivé devant la centrale, il détourne les yeux à l'opposé, cache son visage en pleurs sous son autre bras. "Je me disais : mais c'est quel endroit ici ? Jamais, même pendant mon enfance, je n'étais venu là, raconte Siyakha. Plus on avançait, plus on sentait une chaleur de malade, plus Muhittin il était triste." "Bouna ! Zyed !", crie la bande.

Mais personne ne répond. Les minutes deviennent des heures, la rumeur se répand. "On a attendu, tellement attendu. Plus qu'à l'ANPE. On a même dû battre les records du consulat", raconte son frère. La mère de Bouna "fait tomber des larmes", son père se frappe la tête contre le mur de la centrale. Ils sont morts, c'est certain.

Les baskets de Zyed, "des Converse toutes neuves, noir et gris", ont été carbonisées. Comme les Nike Shox de Bouna. Mais ses Adidas sont restées quelques jours dans l'entrée du T3, avant de s'en aller avec lui pour l'enterrement au bled, en Mauritanie. Avant le voyage, Siyakha Traoré a demandé à voir le corps à l'Institut médico-légal. L'histoire qu'il raconte ressemble à une scène du réalisateur Jean-Claude Brisseau. Une belle dame très douce l'a prévenu que, quand il ouvrirait la porte, son petit frère serait là, à gauche, en entrant. Il l'a aperçu tout de suite, Bouna, "une tache noire — sa figure — dans tous ces draps blancs".

Les brûlures avaient gonflé son pauvre visage, bleu, rose, noir. Mais sa coiffure, ce dégradé qu'il s'était fait dessiner une semaine plus tôt, pour être beau pour l'Aïd, était intacte. Siyakha Traoré n'a vu que ça, la "chevelure" de l'ange, son seul réconfort. "Son contour, son dégradé, c'est les seuls endroits qui n'ont pas été touchés."

# Posté le dimanche 14 octobre 2007 15:00

Modifié le mardi 22 juillet 2008 08:25

MOI & YOSSAI

MOI & YOSSAI



TEMA YACiiNE AVEC SA TETE DE Vii0LEUR LOL



# Posté le mardi 16 octobre 2007 13:41

Modifié le mardi 22 juillet 2008 08:37

ஜ .ıllılı. [Ön di k'pÔùr ètre MiiGnÖn fÖ dèS MiiliiÖnS...Regàrd nOus Ön é MiiGnÖn Et On na Pas de MiiliiOns] .ıllılı. ஜ

ஜ .ıllılı. [Ön di k'pÔùr ètre MiiGnÖn fÖ dèS MiiliiÖnS...Regàrd nOus Ön é MiiGnÖn Et On na Pas de MiiliiOns] .ıllılı. ஜ
FRANCHEMENT _ HYPER _ MEGA _ ARCHii _ STYLER _ CETTE _ PHOTO _ WALLAH _ C'EST _ LE _ PLUS _ BEAU _ S0UVENiiR _ QUE _ J'Aii _ EU _ DES _ VACS


# Posté le mardi 16 octobre 2007 15:01

Modifié le mardi 22 juillet 2008 20:02

mOi eT rOnALd

mOi eT rOnALd
Franchemen jai kiffer les duitche lol j prend un pti souvenir avc tonton ronald

# Posté le mardi 16 octobre 2007 15:31

Modifié le jeudi 24 juillet 2008 15:38